LES 70 ANS DE L'EST-ECLAIR

Publié le 4 Octobre 2015

Pour faire suite aux expositions et animations sur les métiers du livre, ayant eu lieu durant ce mois de septembre pour les 70 ans de L'Est-Eclair et Libération-Champagne, je vous livre quelques réflexions et mots imagés issus du milieu de l'imprimerie.
Extraits du livre de David Alliot aux Editions Horay
« Chier dans le cassetin aux apostrophes »
...et autres trésors du vert langage des enfants de Gute
nberg
De Gutenberg aux années 50 le principe de reproduction était à peu près identique.
La technique n'ayant fait que perfectionner un système existant. L'invention de l'offset après guerre bouleversera la fabrication du livre. Tout un matériel et un savoir-faire ancestral n'est plus nécessaire pour en assurer la fabrication. L'impression au plomb amorce son déclin.
A terme elle est condamnée.
L'invention de l'offset va permettre de mécaniser encore plus la production du livre.
Les tirages s'envolent. Les formats de poche apparaissent.
Mais le triomphe de l'offset sera de courte durée.
Dans les années 80 une pernicieuse invention, va balayer cinq siècles de tradition livresque avec le Macintosh et la PAO. L'édition entre dans l'ère numérique. Désormais n'importe qui, ou presque peut faire un livre avec un ordinateur, un logiciel et un scanner.
L'un des effets les plus dévastateurs de la PAO est la mise à mort du vieil argot des gens du livre. Les termes que vous lirez plus loin sont pour l'essentiel, ceux d'une langue morte.
Il n'y a plus guère que quelques vieux typographes pour se souvenir et comprendre encore certains mots de leur passé professionnel

A anopistographe : texte ou livre imprimé d'un seul côté.
L'imprimé recto-verso est dit opistographe
B bouquin : à l'origine désignait un livre imprimé en Allemagne ou en Hollande et viendrait du hollandais boeck ou de l'allemand buch
C canard : surnom péjoratif donné à un journal occasionnel mettant en avant le sensationnel
H hausse-mioche : caisse en bois servant à surélever les apprentis pour bien voir sa casse
I incunable : livre imprimé avec les caractères de Gutenberg, ils étaient imprimés sur parchemin et enluminés comme les manuscrits du Moyen-Age
P palimpseste : au Moyen-Age parchemin sur lequel l'ancienne écriture à été grattée pour une nouvelle utilisation
R rhinocéros : ouvrage imaginaire pour impressionner les apprentis ou les nouveaux venus sur l'importance des travaux réalisés par l'atelier.
(Le rhinocéros faisait 400 feuilles in 144 soit env. 57 600 pages)
S saint-lundi : les typos fêtaient la saint-lundi en n'allant pas travailler ce jour là
T tailleurs d'histoires : désignait les graveurs des dessins illustrant un texte
V virtutem, mente, coronat : devise des métiers de l'imprimerie signifiant :
intelligence, probité, travail

Les formats des papiers.
Avant l'uniformisation par la norme AFNOR en 1972 (A3, A4, A5 etc.) les formats de papier portaient des noms encore utilisés de nos jours pour le dessin : raisin, jésus, aigle, coquille, couronne etc . Leur éthimologie est due au filigrane que l'on peut lire par transparence ou au nom du moulin qui les fabriquait. Le plus ancien filigrane connu date de 1282.

Rédigé par Gerard Welker

Publié dans #actualité & évènements

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